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Focus sur… Rosalie de Backer

Focus sur… Rosalie de Backer

Interview Rosalie De Backer

 

Rosalie, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Oui, alors… Je m’appelle Rosalie De Backer. Je suis comédienne depuis maintenant vingt-cinq ans, quelque chose comme ça… J’habite à Ellezelles, dans le Pays des Collines. Je fais partie depuis quasiment le début de ma carrière du Collectif des Baltringues*, qui est un collectif d’artistes installé sur Lille et Ellezelles, donc franco-belge, qu’on a créé ensemble en 2007.

Ce n’est pas une Compagnie, vraiment pas : c’est un collectif. Il n’y a pas de directeur artistique, chacun prend en main ses projets et les mène comme il l’entend. *Vous êtes combien dans le collectif ?* Alors, on est parti d’une grande, grande troupe en sortant de l’école où on était 8-9, et maintenant on est encore 5 avec notre administratrice.

Quelles ont été tes études ?

J’ai passé un an à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion), à Louvain-la-Neuve, puis je suis partie au Théâtre du Jour, à Agen, en Lot-et-Garonne. C’était une école vraiment géniale, avec un théâtre intégré : on jouait dès la première année. On pouvait aussi créer nos propres spectacles — un spectacle jeune public, un cabaret — et aller jusqu’au bout du processus : chercher des sponsors, faire le casting parmi les élèves, monter le projet de A à Z. On partait même en tournée. On a fait, par exemple, une marche de 1 200 km pour jouer dans les villages. L’école était dirigée par Pierre Debauche, un Belge très engagé dans la décentralisation, et cette idée d’aller jouer partout m’a vraiment marquée : elle a guidé toute ma carrière. *Agen, c’était fort loin pour toi ?* Agen, c’est entre Toulouse et Bordeaux, donc oui, c’était loin… mais c’était génial. Franchement, mes trois meilleures années. C’était une école où tu devais te prendre en charge : si tu ne venais pas en cours, personne ne te courait après ; si tu voulais bosser seize heures par jour, tu pouvais. C’était un bel enseignement. Une super école.

Depuis quand tu pratiques le théâtre ? Est-ce que tu as commencé enfant ou seulement aux études ?

Non, j’ai commencé vers 11-12 ans. En fait, tout est parti d’une pièce que je suis allée voir à Paris avec mon papa : Les Misérables. Je me souviens du petit garçon qui jouait Gavroche, j’avais l’impression qu’il avait mon âge. Le voir sur les barricades, avec cette énergie… je me suis dit : ça doit être incroyable de faire ça. J’ai su que je voulais être à sa place. Alors j’ai commencé dans mon village, à La Hulpe : diction, déclamation, le parcours académique classique, mais avec des profs formidables. J’ai vraiment eu de la chance : des personnes qui ont cru en moi et qui m’ont portée. Et très vite, je me suis éclatée. J’ai ajouté des cours de théâtre, et dès 11-12 ans, j’étais à fond dedans.

En fait, j’ai su tout de suite que c’était ce que je voulais faire. C’était sûr, certain. À un moment, j’ai hésité avec la biologie marine — parce que la mer, ça me faisait rêver aussi — mais le théâtre a gagné.

C’est quoi qui t’a attiré le plus en théâtre ?

Je crois que ce qui m’a d’abord fascinée, c’était de voyager, de sortir du quotidien… et puis, il y avait aussi le plaisir d’être regardée – faut pas se mentir-, d’être applaudie, d’être différente. Avec le temps, ce qui compte vraiment, c’est raconter des histoires. Depuis vingt ans, avec le collectif, je me rends compte que le théâtre peut vraiment faire évoluer les choses, toucher des sujets particuliers, parler à des gens. C’est ce pouvoir-là qui me fait continuer aujourd’hui.

*As-tu eu envie un jour de changer de métier ?* Jamais je n’ai eu envie de changer de métier. Jouer, c’est mon énergie vitale. Même après toutes ces années, c’est un vrai kiff. Quand on travaille pour le jeune public, je dis toujours aux enfants : rendez-vous compte, nous, on a la chance de jouer pour vivre. C’est un vrai plaisir.

Les seuls moments où j’ai envisagé autre chose, c’était à cause des difficultés du métier : trouver des dates, vivre de son travail, avoir assez de sous. Il y a eu des périodes plus compliquées où j’ai même regardé des formations pour devenir massothérapeute ou faire du jardinage… Mais je pense qu’on est nombreux, dans ce métier, à traverser ces zones de doute et à se demander ce qui va se passer ensuite. *C’est le plus gros stress ?* Oui, franchement, c’est le plus gros stress. Je garde toujours une petite case dans ma tête pour me dire : profite, profite, profite, parce que c’est très énergivore.

Avec notre collectif, on n’est pas dans un système subventionné ou suivi. On a toujours fonctionné un peu à l’arrache, et pour moi, c’est positif. On travaille par pulsion, par envie, par désir. Être trop académiques ou administratifs, ça nous gonfle. Trois ans à l’avance, remplir quinze dossiers pour avoir des sous alors qu’on ne sait même pas ce qu’on va faire… ce n’est pas notre style. On préfère se lancer, avancer au fil des projets.

Du coup, le stress vient surtout de ça : ne pas avoir de diffuseur, ne pas avoir toujours la visibilité sur les mois à venir. Mais c’est aussi ce qui rend le métier vivant.

 

TRAVAIL ARTISTQUE ET COLLABORATION

Est-ce que tu sais me dire, dans les grandes lignes, combien de pièces vous avez créées, jouées ?

Depuis que je suis sortie de l’école en 2002, j’ai dû participer à une cinquantaine de projets. Environ 20 étaient des créations de spectacles, et le reste, ce sont des interventions, des improvisations ou des projets menés avec les habitants.

Le collectif, le Collectif des Baltringues, est né dans la rue. On a longtemps fait de la sensibilisation dans les quartiers pour inciter les gens à venir aux festivals de rue, ou simplement pour interpeller les passants. On a même créé « la famille Baltringue », une famille de clowns, avec 5, 6 ou 7 intervenants selon les projets. On a fait des milliers d’interventions de ce type.

Parallèlement, on répond aussi à des « commandes » : des structures qui nous demandent d’investir un lieu pour une visite guidée décalée ou une animation. Par exemple, en 2015, le centre d’hébergement de Béthune nous a sollicités pour animer une marche contre les violences faites aux femmes, ce qui a donné naissance à notre spectacle Parlez-moi d’Amour. (Spectacle présenté en février 2025 à la ferme du Dôrloû)

Plus récemment, nous avons collaboré avec le FIAC (Association Foyer International d’Accueil), une association à Berck qui accompagne des personnes en difficulté. L’objectif était de sensibiliser le public au travail des travailleurs sociaux et de changer le regard que l’on porte sur eux et sur les habitants qu’ils accueillent. C’est exactement ce que l’on aime dans notre travail : être ouverts, s’adapter, et utiliser le théâtre pour créer du lien et faire évoluer les perceptions.

Quel est le type de rôle ou de projet qui te passionne le plus ?

Les rôles évoluent avec le temps. Parfois, on commence en se disant que ce personnage ne va pas être notre kiff, et puis on tombe complètement en osmose avec lui. Tout part de nous, de notre ressenti, de notre personnalité. Bien sûr, on se décale, on joue, mais la matière première, c’est toujours nous.

En ce moment, j’ai très envie de jouer une méchante. (Rire) J’ai déjà interprété des vilains, mais pas beaucoup, parce que j’ai plutôt un physique « bonhomme », plutôt gentil. Pourtant, j’adore aller chercher ces côtés obscurs, ces petites fourberies qui existent en chacun de nous. C’est très amusant à jouer.

Là, j’ai une petite « crise » où j’ai envie de replonger dans ce côté sombre. Et c’est assez agréable : on peut explorer ces facettes du personnage, et ça passe très bien auprès du public.

Est-ce que tu as un projet récent ou un projet à venir que tu as envie de nous présenter ?

Oh oui ! Le projet sur lequel je travaille avec ma chère amie et collègue du Collectif des Baltringues, Stéphanie Vertray, s’appelle Craquage. Ça remonte à trois ou quatre ans. Stéphanie et moi travaillons ensemble depuis la création du collectif ; on se connaît depuis l’école, on est très proches, et l’idée était de créer un projet où nous serions toutes les deux sur scène. On voulait utiliser notre amitié pour parler du lien qui se construit au fil des années. On se connaît depuis nos jeunes années d’adulte, on a eu nos enfants, traversé des étapes de vie, des deuils, des joies… On papote énormément, et on avait envie de rendre hommage à tout ça.

Ensuite, on a choisi de mettre en avant nos conversations, qui tournent souvent autour de la charge mentale. Le spectacle parle donc de ça, mais aussi de l’amitié. On suit le parcours de deux femmes entre 40 et 50 ans : deux mamans, l’une en couple depuis longtemps, l’autre séparée, qui élève seule ses trois enfants. À travers différents tableaux, on découvre leur vie familiale, professionnelle et sociale, et la charge mentale que cela implique. On aborde aussi le fonctionnement de la société, ce qui nous tient particulièrement à cœur avec Stéphanie. Comment, en tant que femmes, on navigue dans un système qui ne nous convient pas, avec ses injustices, ses pressions, et même les enjeux écologiques actuels. C’est un vaste programme, mais on avance bien.

C’est pour ça qu’on a choisi d’appeler le spectacle Craquage. Dans notre société actuelle, craquer semble presque interdit… et c’est justement ce qu’on veut mettre en lumière. Le spectacle sera prêt pour février 2026, et on a vraiment hâte.

Quel a été ou quel est le rôle que tu as préféré jouer ou que tu préfères jouer ?

Pour moi, ce n’est pas vraiment une question de rôle, mais plutôt d’histoire que j’aime raconter. J’ai beaucoup de plaisir dans chacun de mes rôles, et chacun m’apporte quelque chose de différent.

Par exemple, j’ai adoré interpréter Odile Palenquin. Mais ce n’était pas le personnage en soi : c’était la situation. On faisait des interventions dans la rue et on a monté un canular, une imposture : jouer un rôle sans que les gens sachent qu’on joue. Je devais être une représentante des Jeux Olympiques, là pour donner l’accord pour de nouveaux jeux… C’était complètement fou, et à un moment, j’ai été escortée par de vrais gendarmes qui pensaient que j’étais vraiment Madame Palenquin ! Avec mes collègues, la « famille Baltringues », des clowns déjantés, on est arrivés sur la place d’un village pour jouer ce rôle politique. C’était très comique cette imposture et ce moment restera gravé. Autre exemple : j’adore jouer Laura dans Parlez-moi d’amour, le spectacle contre les violences faites aux femmes. Ce n’est pas que le personnage me fascine, mais raconter cette histoire, lui donner vie sur scène, c’est intense et émouvant à chaque représentation.

En fait, chaque personnage m’amuse, me challenge, me fait découvrir quelque chose de nouveau. Chacun apporte sa petite étincelle, et c’est ça qui rend le métier passionnant.

 

VISIONS ET INSPIRATIONS

Qu’est-ce qui t’inspire le plus au quotidien dans ton travail ?

Je crois qu’il y a plusieurs choses… trois axes, peut-être. Depuis que je fais du théâtre jeune public — vraiment de manière approfondie depuis 2019 — il y a tout un univers que j’ai découvert : la littérature jeunesse. Et là-dedans, mes enfants jouent un rôle énorme. Ils m’inspirent complètement. À travers eux, j’ai redécouvert les livres pour enfants, et je trouve ça incroyable. D’ailleurs, les adultes devraient en lire plus souvent : on y parle des choses essentielles de la vie de manière simple, directe, sans détour. Le bien, le mal, les questions existentielles… tout est là, mais sans la complexité qu’on se rajoute en grandissant. Les enfants, eux, ont quelque chose de profondément touchant : une forme de simplicité, de spontanéité, une bonne volonté naturelle. Ils sont « pour », ils vont vers la vie. Leur énergie me nourrit, me donne l’impression que tout est possible. Ce positivisme, c’est une source d’énergie hallucinante au quotidien.

Puis il y a autre chose qui m’inspire : la colère. Ou plus précisément le sentiment d’injustice, de tristesse, ce truc qui me pique en tant que citoyenne. Ça, c’est une impulsion très forte pour créer. Dans le théâtre tout public, ou même dans le jeune public parfois, c’est souvent une émotion brute que j’ai besoin de transformer. J’ai cette chance-là : pouvoir en faire quelque chose, le faire sortir, le mettre en scène au lieu de le laisser m’user.

Et puis, à l’opposé de la colère, il y a aussi ce qui m’inspire profondément : la douceur. L’amour, le désir de partager, de se rassembler. Cette envie de créer des espaces où les gens se sentent bien, se retrouvent.

Au fond, mes inspirations, ce sont les enfants, les émotions fortes — bonnes ou mauvaises — et l’envie de raconter quelque chose qui relie.

Comment est-ce que tu vois ton évolution dans le théâtre, dans les années à venir ?

Le vent nous portera. (rire) Non, vraiment… j’espère d’abord continuer longtemps à faire ce métier que j’adore. Continuer à jouer, beaucoup. Et j’espère que la société, les conditions, permettront encore ça. C’est déjà une première chose.

Ensuite… j’ai toujours plein d’idées, plein de projets. Tout le temps. Donc j’espère pouvoir continuer à les mettre en place. Mais j’ai du mal à répondre clairement, parce que je fonctionne énormément par pulsion, par instantané. Je me plonge totalement dans ce que je fais sur le moment, avec juste une petite case dans mon cerveau qui réfléchit à ce qui pourrait venir après. Par exemple, là je suis à fond dans Craquage et dans le projet avec le Centres culturel du Pays des Collines. Mon cerveau est occupé par ça. Et je sais que, à un moment donné, quelque chose va surgir : une colère, une émotion, ou même un délire ! Et je vais me dire : « Ah, ça, il faut que j’en parle. » Parce que oui, c’est important de le dire : les délires, c’est fondamental. Les rencontres, les trucs qui nous font rire… C’est hyper important dans la vie. Moi je revendique ça. La joie, ça nous met ailleurs, ça ouvre une autre forme d’intelligence.

Donc je crois que je vois mon évolution comme ça : rester ouverte. Me laisser traverser. Laisser venir la prochaine impulsion.

Et pour l’instant, j’ai de la matière, je suis en plein travail. Mais je sens bien qu’à un moment, quelque chose va me retraverser et devenir le prochain truc essentiel, le prochain délire à transformer en spectacle. Ce moment où on se dit : « Il faut absolument que j’aille au bout de ça. »

 

LE PAYS DES COLLINES ET LE CENTRE CULTUREL

Le Pays des Collines, c’est quoi pour toi ?

C’est un endroit où je me sens bien. C’est devenu mon chez-moi, alors que je ne viens pas d’ici. On a eu un vrai coup de cœur il y a quinze ans. On faisait sans arrêt des allers-retours entre Bruxelles et Lille, et un jour, fatigués de la route sans arrêt, on a pris les petits chemins. Avec mon compagnon, on est tombés sur ces paysages et on s’est dit : qu’est-ce que c’est beau… qu’est-ce qu’on serait bien ici. Un an après, on s’installait.

*Ça vous a demandé du courage de changer drastiquement de lieu de vie ?* Ce n’était pas du courage : on était malheureux en ville. On est deux amoureux de la nature. Moi, ma ressource, c’est vraiment la promenade, la terre, le jardin. Ici, on a trouvé exactement ça : une nature magnifique, une douceur. Il y a quelque chose de très doux dans le Pays des Collines.

On a aussi senti une ambiance particulière : les gens semblent heureux d’habiter là, accueillants, de bonne humeur. Et puis on vit vraiment paumés, ce qui nous fait un bien fou.

Pour moi, le Pays des Collines, c’est ça : le contact permanent avec la nature. Et ça me plaît énormément.

Pourquoi tu aimes collaborer avec nous, le Centre cultuel du Pays des Collines ? Et qu’est-ce que les collaborations en général avec les centres culturels t’apportent ?

Le Centre culturel du Pays des Collines, c’est particulier pour moi. Je m’y retrouve énormément, parce que votre manière de travailler ressemble à la mienne : aller vers les gens, délocaliser, adapter la proposition au public tout en ouvrant de nouvelles portes. Ce côté « artisanal » — installer une boîte noire n’importe où, faire du théâtre là où il n’y en a pas — c’est ce que je fais depuis vingt ans. Alors découvrir un lieu qui fonctionne pareil, là où j’habite, c’est génial.

On a mis un peu de temps avant de se rencontrer, mais ça fait maintenant presque dix ans que les liens se tissent. La vraie bascule, ça a été la période Covid : très difficile pour moi. C’est à ce moment-là que j’ai demandé ma première résidence. Et depuis, c’est devenu un vrai point d’ancrage : un lieu où je peux sortir de chez moi, réfléchir, créer. Je squatte encore aujourd’hui ! Et nos projets — comme jouer chez les gens, dans les jardins — ont toujours été accueillis à bras ouverts.

Ce que ça m’apporte maintenant ? D’abord la confiance. On dépasse la simple relation « programmateur-artiste”. On peut vraiment discuter, construire, s’appuyer les uns sur les autres. Ensuite, travailler localement, c’est un bonheur : humainement, écologiquement, dans mon rythme de vie. Et puis avoir un espace de résidence aussi libre, aussi flexible… c’est un confort énorme. Plus j’avance, plus je réalise que les partenariats sur le long terme sont essentiels. Dans un métier plein d’incertitudes, avoir des partenaires de confiance, c’est un vrai repos. Ça permet de grandir ensemble.

Et le Centre culturel du Pays des Collines m’a surtout permis ça : travailler dans ma région, là où je vis. Et ça, pour moi, c’est précieux.

 

MESSAGE AU PUBLIC

As-tu une référence cinématographique à nous partager ? Une littéraire ? Un spectacle à ne pas manquer ?

(rire) Je vais assumer : je ne sais pas répondre à cette question. C’est une question qu’on pose souvent en interview, mais je suis très volage. (rire) Mon cerveau retient les émotions, pas les titres ni les noms. J’ai mille choses qui m’ont traversée et que j’aimerais que tout le monde voie, mais il faudrait que je fasse une vraie recherche internet pour en ressortir une. Peut-être que ça me reviendra plus tard, comme ça, d’un coup !

Je fonctionne énormément dans l’instant, et pour l’instant je suis plongée dans les polars. Je lis plein de romans policiers, ça m’amuse, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai envie d’ériger en référence absolue. Pourtant, les livres, eux, m’ont sauvée à de nombreux moments de ma vie. Depuis que je suis petite. Les bouquins, l’imaginaire, la possibilité de partir ailleurs, d’imaginer d’autres façons de vivre que celles de son entourage… Pour moi, c’est essentiel.

Donc plutôt qu’une référence précise, je dirais : lisez, explorez, papillonnez. Allez vers plein de choses différentes, que ce soit des films, des livres, des BD, des mangas… La culture ouvre des portes. Voilà, ce serait mon conseil.

As-tu une citation phare ?

Oui, tout à fait. La citation qui accompagne Craquage en ce moment, c’est : “Ce qui compte, ce n’est pas l’arrivée, c’est la quête”, d’Orelsan, artiste contemporain et poète.(rire) Elle accompagne Stéphanie et moi pendant toute la création.

Lien Youtube de la chanson « la quête » d’Orelsan : https://www.youtube.com/watch?v=rXF1Si3LEEU&list=RDrXF1Si3LEEU&start_radio=1

Rosalie, pour finir, as-tu quelque chose à nous dire ?

Oui, trois choses. D’abord, un mot de cœur pour le Collectif des Baltringues. Même si je prends la parole aujourd’hui, je salue mes camarades : travailler ensemble, c’est génial. Malheureusement, dans le contexte actuel où la culture n’est pas toujours priorisée, il devient difficile de monter des projets avec beaucoup d’artistes.

Pourtant, l’énergie d’un grand groupe, les différentes propositions, c’est incomparable. Quand j’étais étudiante, on créait à 20, plus récemment à 10 ou 11 comédiens… c’est beau de voir tous ces corps et toutes ces idées se rencontrer. Même si les budgets sont réduits, j’espère continuer à créer avec de grands groupes d’artistes.

Enfin, mon dernier mot : faisons des choses ensemble et luttons contre l’isolement que la société nous impose. Travaillons sur la communication, offrons-nous des moments de présence, d’échange. Le théâtre le permet, mais il y a plein d’autres façons de se retrouver. Être doux les uns avec les autres, se parler, se réunir… pour moi, c’est essentiel.

*Collectif des baltringues : https://www.lesbaltringues.com/

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